
La maison est encore endormie lorsque je quitte mon hospedaj. Je n'aurais pas eu l'occasion de dire au revoir a Hilda.
Il fait encore nuit quand je me dirige vers la station de taxis. Malheureusement pour moi, il n'y en a aucun. Et comme de bien entendu, une nouvelle loi de Murphy s'impose a moi. Les cabines telephoniques sont comme les distributeurs de billets. Quand tu n'en cherche pas, tu en trouve a chaque coin de rue. Par contre, il suffit d'en avoir un besoin urgent pour qu'ils ai tous disparus ! Heureusement que les locoturio existent. Ce sont des offices telephoniques bien pratiques. Une jolie senorita me commande donc un remis (c'est comme un taxi, mais ce n'est pas un taxi).
La route emmenant a l'aeroport permet d'avoir encore une nouvelle superbe vue sur Ushuaia. De la, on la voit emerger tout doucement de la nuit. Les alentours montrent egalement un nouveau profil tout aussi superbe.
L'aeroport d'Ushuaia n'est compose que d'une seule, et courte, piste. Celle-ci est plantee sur une langue de terre avancee sur la mer.
Je me fais arrete au controle des sacs a main. Le controleur me demande d'ouvrir mon sac car j'ai un couteau dedans. J'ai pris soin de mettre mon couteau suisse dans mon gros sac a dos. Je reponds donc avec vehemence que je n'ai pas de couteau sur moi. Il va pourtant en sortir un de mon sac, et me le montrer. Et merde ! J'ai toujours un couteau et une fourchette de cuisine sur moi, afin de pouvoir manger n'importe quoi, n'importe ou et a n'importe quel moment. Ce coup-ci j'ai oublie de les retirer. J'ai donc droit a une fouille complete du sac.
La vue d'Ushuaia depuis l'avion au decollage est extraordinaire. Il fait tres beau aujourd'hui, et je decouvre encore combien cet endroit est magnifique. Le mariage des couleurs donne un effet incroyable aux paysages, entre le canal de Beagle, Ushuaia, les montagnes enneigees, la foret et la mer.
Tout le monde a le regard scotche vers les hublots pendant quelques minutes. La vue sur les montagnes est imprenable. Et puis nous survolons rapidement l'autre relief de la Patagonie et de la Terre de feu. C'est celui de la platitude, de territoire inhabites, de terres hostiles et immensement etendues.
Nous faisons un stop a Rio Gallegos. Je n'imaginais pas a quel point cette ville est petite et isolee du monde. Je pense a Rita, dans son musee, au milieu d'une ville plantee au milieu de nulle part.
Une fois n'est pas coutume, je commence a etudier ma destination au dernier moment. Je parcours donc la documentation que j'ai sur Buenos Aires. C'est apparement une ville bien. J'avais initialement prevu de m'y arreter deux semaines afin de me reposer et d'apprendre l'espagnol. Mais c'etait mes plans d'il y a un an. Depuis j'ai pris du retard et je me suis deja repose a Ushuaia. Je vais donc devoir y passer deja beaucoup trop de temps peut etre. Mon vol de depart pour Santiago est le 31 mai. J'irais donc probablement a Iguacu, et pas au Bresil.
Buenos Aires est une ville reputee sympa a visiter, mais un poil dangereuse. Le quartier de la Boca est top risque. Ceux de Constitution et San Telmo le sont un peu. C'est embetant, car j'ai prevu d'aller a San Telmo. Pour rajouter au sentiment d'insecurite, la tele argentine n'arrete pas de faire des reportages sur une fille qui s'est fait embarque et violer a Palermo, autre quartier de la ville. Palermo qui est aussi le quartier de la nightlife, qui fait la reputation de la ville. Le tango est aussi predominant, et on le voit surtout a San Telmo.
Avec tout ca, je ne sais pas trop quoi faire. J'irais donc a San Telmo.
Vu d'avion, meme si elle est immense, on ne dirait pourtant pas que Buenos Aires est une megalopole de 12 millions d'habitants. J'aurais meme cru qu'elle est plus petite que Santiago. Les riches se paient un joli concept de villas regroupees au bord d'etangs, en plein milieu de la ville.
Nous atterrissons a l'aeroport domestic, apres avoir survole le stade de River Plate. C'est un des deux grands club de la ville, et du pays. L'ennemi jure etant Boca Juniors. Tout argentin se doit de se positionner en faveur de l'une de ces deux equipes. Meme s'ils sont de la meme ville, on peut faire le comparatif suivant avec la France. River plate est le club chic, comme le PSG. Boca Juniors est le club populaire, comme l'OM. Les duels sont donc un vrai evenement national. Boca Juniors est le club ou a evolue Maradona avant de partir en Europe. Dans le meme style, River Plate est le club ou a evolue l'urugayen Enzo Francescoli. Cet ancien joueur de l
OM a laisse une trace indelebile en argentine. A chaque fois que je dis comment je m'appelle, j'ai droit dans 20% des cas a la replique suivante : ''Mais tu n'es pas francais. Tu es italien ! ''. Dans les autres 80% : ''Enzo, comme Enzo Francescoli ! ''.
Je m'arrete au tourism information de l'aeroport, afin de trouver comment me rendre a San Telmo en bus. Le type parle bien le francais. Il me decrit San Telmo dangereux et pas tres interessant. Il reussit a me convaincre d'aller a Palermo pour ses nuits agitees. Je me retrouve donc parachute a l'entree du quartier, a Plaza Italia. Je n'aime pas les arrivees dans les capitales. Tout y est plus difficile pour moi. Je galere pour trouver un hotel. Le gars du tourism information m'a donne une liste qui ne me correspond pas. Les prixvdes hotels sont affiches en USD. C'est jamais bon signe. Et c'est donc tres tres cher. J'aterris donc a l'auberge de jeunesse, ou j'achete la carte car j'en ai marre de payer plus tout le temps. Moi qui avait prevu d'aller dans une hospedaj, je me retrouve encore en dortoir.
Je ne suis pas a l'aise du tout aujourd'hui. J'apprehende un peu cette ville. Et puis je n'aime pas mon dortoir, sombre et tres frais.
J'y fais la connaissance d'un bresilien qui prend des cours de tango dansbla ville.
Apres avoir refait mes provisions au supermarche, je decouvre que j'ai droit a une vraiment pauvre cuisine. Je n'aime pas cette auberge et cette ambiance.
Alors que je continue a me documenter sur la ville, dans le lounge de l'auberge, je retrouve par hasard un scandinave (le sympa) qui etait dans la cabane du parc Torres del Paine le fameux jour de pluie. Le monde est petit. Il n;aime pas Buenos Aires et me conseille fortement d'aller a Iguacu.
C'est aujourd'hui vendredi. L'auberge organise une sortie en boite a partir de 1h30 du matin ! Tout commence tard ici. Ca m'ennui de partir qu'avec des touristes. Je decide donc d'aller decouvrir le quartier par moi meme. Apres tout il est tot, puisqu'il n'est que 22h.
Je suis surtout a la recherche d'un pub avec un groupe jouant en live. Mais le quartier n'est pas tres vivant encore. Les pubs ne sont pas pleins, les gens allant manger. Comme je n'ai pas trouve quelqu'un pour venir avec moi a l'auberge, je me promene seul. Je vais jusqu'au lointain (et pas tres accueillant) quartier des boites de nuit. Elles n'ouvriront leurs portes qu'a 1 ou 2h du mat. Il y a quand meme quelques arrivages de jolies filles. Tous les argentins sont en groupe. Je ne vais donc pas m'emmerder au comptoir. Je prendrais une binouze en terrasse, au Palermo Viejo, malgre le froid ambiant. Ca me permet de constater que meme si certaines filles sont sacrement bien foutues, ce n'est pas tout a fait comme on le dit. Il y a apparement une psychoseba la minceur ici. Il y aurait un psy pour 30 personnes dans la ville. Je vois plutot des filles qui se portent bien, ce qui ne gache rien a leur charme. Mais c'est vrai egalement que j'ai droit a certains dehanches comme je n'en ai plus vu depuis un petit moment.
Mis a part dans le quartier des boites, rue Niceto, on ne se sent pas en insecurite. Il faut dire qu'il y a une surveillance policiere importante. Ca doit deranger certains, mais moi ca me rassure.
Je rentre pas tres enthousiasme a minuit et demi. Je suis plutot decu de l'experience. Mais je ne suis en fait pas un fana des sorties nocturnes. Je n'aime pas trop le cote superficiel de cette ambiance qui veut qu'on fasse semblant de croire qu'on s'amuse vraiment bien dans une salle surenfumee, avec de la musique techno a fond les ballons, et a picoller pour oublier qu'en fait on s'emmerde un peu. Je me suis d'ailleurs toujours emmerde rapidement en boite. Et ce, meme avec un groupe d'amis. Ce n'est finalement pas mon truc, c'est tout.
Tous les touristes vont partir bientot pour leur soiree electronic. Je vais me coucher dans mon dortoir frigo. Le type en dessous de mon lit est un israelien. Il denote sacrement de ses compatriotes. Il est couche depuis 6h de l'apres-midi, et est toujours dans son lit quand je rentre. Les deux autres arriveront plus tard dans la nuit.
Il fait tellement froid que je dois dormir dans mon sac de couchage. Je dors tres mal et fais un des cauchemars le plus horrible que j'ai jamais fait. Ca me vaudra un reveil en sursaut, comme dans les films d'horreur. Je ne me sens vraiment pas bien dans cette auberge.
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