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Australie - Darwin


de Enzo, 22-02-2006

Ca se dessine plutot bien


Il est tot quand nous atterissons. Je passe le check du tampon sur le passeport et je me disbque ce passage frontiere s'est bien deroule. Mais j'ai oublie qu'un passage frontiere qui se passe sans probleme, ca s'appelle une exception.

Je me rase avant de passer chaque frontiere. Ca m'evite de ressembler a un beatnik avec mon sac a dos. Mais les australiens ne semblent pas aimer les routards. Je viens de recuperer mon sac, et un gars me demande mon carton d'entree. Il me fait alors un tres mauvais numero d'acteur et me dit ''oh one month !! Go with this woman, she will take care if you''.
Et pour s'occuper de moi, elle s'est bien occupe de moi. Elle met ses gants et mes sacs sont passes a la fouille. Questions classiques : ''c'est vous qui avez fait votre sac ?'', ''vous savez parfaitement ce qu'il y a dedans?''.
De mon petit sac a dos elle sort des tablettes de medicaments contre le rhume. Elle me demande si ce sont des ''medecines''. Je lui reponds que oui. Elle me montre alors le document d'arrivee et me demande si je reconnais la signature. Oui car c'est la mienne. Elle pointe alors ma 1ere declaration ou je precise ne posseder aucune medecine. Et merde. Surtout qu'elle n'a pas l'air commode. Elle va donc pratiquement vider mon gros sac a dos. Je lui ai preciser que j'en ai dans deux tupperware au fond, pas plus, c'est sur. Et comme j'ai pas rerange mes affaires depuis longtemps, elle va en trouver dans ma trousse de toilette, et dans une sacoche avec des sangles, ficelles et adaptateursvelectriques. Ca ne la fait pas rire du tout. Moi non plus d'ailleurs car j'ai bien compris qu'elle peut me mettre une amende pour fausse declaration.
Elle va donc ouvrir tous mes sacs en plastique. Au moment ou elle s'attaque a celui des slips usages, je lui fait comprendre qu'elle prend un gros risque ! Je n'aurais rien du lui dire. Ca lui aurait appris a moins etre curieuse.
Elle va heureusement louper une poche contenant ma bombe anti-agression et mon couteau. On ne sais jamais, ca vaut mieux comme ca.
Elle envoie tous mes medicaments au controle, et je dois expliquer ce qu'est la Savarine. J'ai plein d'antipaludeuns car j'ai arrete le traitement depuis presque le debut. Heureusement que j'ai eu la presence d'esprit de partir avec mon ordonnance. Sinon je me passait pas sans ecueil.
Elle termine sa besogne en me faisant la morale, et me demande de faire attention la prochaine fois. Pour sur que je m'en souviendrais de celle-la.
J'en suis pour refaire mon sac a l'espace de controle. Tout est en l'air et je n'arrive plus a le fermer. Je repars tant bien que mal.

Je me poste a la sortie pour attendre la navette qui m'amenera au centre. Avec tout ca, tout le monde est deja parti, et l'endroit est vide de voyageur. Presque vide.
En effet, il y a un type la dehors dans le noir. Il s'est fait fouiller car il a declare n'importer aucun produit animal. Et il se fait attraper avec des chips au bacon !!! Incroyable mais vrai, il a ete oblige de les supplier pour ne pas payer l'amende de 200 dollars pour fausse declaration. Je l'ai donc echappe belle.

Mais tout ca n'est que pretexte. On en profite pour controler des gens ''louches''. Un backpacker, un immigre polonais.
Le type vient de Cracovie. Il y a laisse sa femme et son fils, pour venir trouver du travail en Australie. Il n'y a plus de place pour les gens comme lui dans la nouvelle Pologne. Ce pays souffre d'un passage hyper brutal de 50 ans de communisme a l'economie de marche a l'americaine. Si tu est jeune, que tu parles anglais et que tu sais utiliser un ordinateur, alors tu as ta chance. Sinon ca va etre dur pour toi. Il m'explique un peu sa vie. On se retrouve comme des cons ici a Darwin. Lui quitte la Pologne car elle ne lui offre plus de perspective. Moi je me retrouve la car la Pologne m'a pris mon boulot. Deux destins tres representatifs de la nouvelle donne economique en Europe.
Il change de vie des aujourd'hui. L'homme est triste et la melancolie se lit sur son visage. Je lui dis de venir avec moi mais il me dit qu'il veut se poser un pour reflechir. Il est tres emus. Je le laisse donc la tout seul dans le noir et je monte dans le bus.

Je me retrouve tout seul dans le bus. Mais avec le chauffeur bien sur. C'est un vieux connard qui a trouve le moyen de me mettre dans le vent trois fois sur quatre ou je vais lui adresser la parole. Bienvenue chez les riches !

Alors que le bus m'arrete devant la guest house que j'ai choisi sur internet, il se met soudainement a pleuvoir. Qu'est ce que c'est que ce cauchemar ? Ca fait deja deja dix jours que je mr farci de la flotte, et je m'en prends encore en Australie !?!! C'etait quand meme bien Ko Phi Phi...

La femme de la reception est tres gentille, douce et attentionnee. Tant mieux pour moi car je commence a faiblir. Je ne peux faire le check-in avant 10h. Et comme il est 6h du matin, je dois attendre. Comme il pleut, pas question de marcher.
Je laisse donc la fatigue de mon corps prendre le pas sur ma raison. Je m'ecroule sur une table du restaurant d'en face. Alors que je viens de m'endormir, la femme me reveille en douceur. Je ne peut dormir la. Je pars donc patienter dans la cuisine amenagee pour les clients. Des jeunes regardent le live de Real-Arsenal. Je n'ai qu'une envie, c'est d'avoir un lit pour dormir. Eux en ont un, et ils se levent a 6h pour un match de foot !!! Je vais quant meme arriver a m'assoupir, sans reellement dormir. Je sors des nuages a 9h, dans un triste etat. J'ai la parfaite tete des grands jours de fatigue.

Je peux enfin prendre possession de mon dortoir vers 10h. C'est un dortoir de 14 personnes. La premiere impression en entrant n'est pas la meilleure. Ca pue pas mal et il y a encore quelques personnes en train de roupiller. Je ne fais donc pas de trop de bruit, et apres une bonne douche, je pars a l'assaut de la ville.

Assaut est un bien grand mot car il se remet a pleuvoir. C'est pas de bol. Je me demande bien ce que je peux faire. Il ne faut surtout pas que j'aille m'allonger, car sinon je vais bousiller ma journee en comatant.
Je rentre donc dans l'agence de voyage a cote de mon backpacker. J'ai regarde les annonces sur le mur de la cuisine ce matin. Je pensais trouver des gens motives pour partager les frais d'une location de voiture. Il n'y avais rien de cela. Seulement des annonces diverses et des ventes de van. L'Australie est un pays tellement vaste qu'on en perd les notions de distance. L'outback se visite en vehicule particulier ou en groupe organise. La femme de l'agence m'explique les diverses possibilites qu'offre la region. Ca a l'air chouette, mais qu'est ce que c'est cher ! Je ne decide rien pour l'instant. Je verrai demain je pense.

Je pars ensuite chez Quantas pour modifier la date de mon billet d'avion Auckland-Santiago. Quelle deception d'apprendre que la modification est payante, et cher en plus. Il faut que je demande la modif par telephone au centre de reservation pour que ce soit gratuit. Et il faut que je me depeche en plus car les vols sont quasiment pleins dans ma categorie pour dans un mois et demi !

Apres avoir avale un pauvrissime sandwich au thon (sans sauce ni rien en fait), je pars visiter le centre ville. Je compte suivre un parcours pedestre recommande par le Lonely. J'arrive peniblement sur la place centrale, et de la je ne trouve pas le point de depart. En cherchant le fameux hotel Victoria, je tombe sur une agence de voyage pour backpackers. Je rentre pour collecter des informations afin de reserver quelquechose demain.

Je ne sais pas encore la prise de tete dans laquelle je me lance en traversant cette porte. Cela dit, tout cela etait necessaire et a faire a un moment.
Darwin est sur le chemin des voageurs pour le parc de Kakadu. Alice Springs est sur le chemin des voyageurs car c'est la rampe de lancement a la visite du mondialement connu ''centre rouge''. Entre les deux ville, une distance de 1494 km que je n'ai pas choisi de faire en avion. Mon instinct m'a dit de suivre la Stuart highway. Mais comment et quoi faire en route ? J'avais pense faire du stop avec les camionneurs, mais je vais prendre une autre option.
La meilleure solution en rapport visites-qualite-prix est de prendre un pack de trois tours. Tout d'abord trois jours sur Kakadu. Puis trois jours de descente sur Alice Springs. Puis enfin trois jours au centre rouge. C'est le troisieme tour qui pose probleme. Tout d'abord je suis oblige de partir demain car les departs ne sont pas quotidiens. Moi qui voulait me reposer en passant une journee tranquille ici...
Le dernier tour me pose probleme car il revient a Alice Springs, et j'ai mon vol a Ayers Rock, en plein centre rouge. Ils ne peuvent pas me redeposer en route avant de revenir. Du coup ca m'oblige a refaire le trajet en bus et de dormir a Ayers Rock au prix prohibitif de 40 dollars la nuit en dortoir. Il faut dire que c'est en plein desert et a proximite de la celebre pierre rouge. Il y a sinon un tour de trois jours et demi qui revient a Alice. Mais la on peut m'emmener a l'aeroport en route. C'est parfait, je prends ce tour.
Presque parfait car le tour est full a la date qui me convient. J'ai du coup pleins de possibilites dont la plupart sont contraignantes. Il ne me reste plus qu'une solution, qui ne me plais pas trop mais bon. La fille de l'agence, tres sympa et patiente avec moi, me permet de telephoner au centre de reservation de Quantas. Je decale encore mon vol vers Cairns. Ce sera un jour de plus dans la vue. J'anticipe alors la prochaine deconvenue et decale mon depart pour la Nouvelle Zelande de deux jours. Et comme je suis bien lance, je rajoute une semaine a mon sejour en NZ, ce qui le porte a trois. Il est maintenant clair que je ne visiterais pas la Patagonie dans de bonnes conditions.
Je serais donc lache a l'aeroport au dernier moment, juste apres avoir dormi dehors dans le desert pendant plusieurs jours. Un grand moment de fatigue se profile deja a l'horizon. Je ne suis finalement pas mecontent de moi. J'ai reussi a bien manager ces cas particuliers malgre ma nuit blanche. Ca a juste ete un peu plus long, mon cerveau travaillant au ralenti.
Je m'en tire cependant pour 1020 dollars australiens (soit 680 euros) pour 9 jours, tout compris. Claude Francois disait que son telephone pleurait. Et bien moi c'est mon porte monnaie qui pleure, et je pleure avec lui !!!

Apres ces longues tractations (environ deux heures au total), je pars enfin a la visite de la ville. Et il faut que je fasse vite car demain je pars a 6h20 !
Je cherche l'hotel Victoria et fini par demander ma route dans un magasin. C'est une francaise tres ''cool'' qui le tient. Elle me conseille fortement la Art Gallery car il y a une exposition Aborigene. Je visiterais donc le centre plus tard. Je parcours a pied les trois kilometres qui me separent de ce fichu musee. Je commence a sentir une grosse fatigue en cours de route. Esperons que le deplacement en valait la chandelle.
Le musee n'est pas mal en fait. Mais de la a faire autant de marche...
Le musee n'est pas exclusivement consacre aux Aborigenes. Une section (mal presentee) est consacree au cyclone Tracy qui a ravage la ville en 1974. D'autres sections presentent des choses diverses et tres differentes. Ce musee n'est pas une Art Gallery mais plutot un fourre tout manquant incroyablement d'homogeneite.
La section consacree aux Aborigenes est de loin la plus interessante. Une belle presentation d'objets et d'outils artisanaux y est exposee. Mais la section vaut pour les photographies d'epoque faites par les 1er explorateurs dans la region. Les cliches sont de 1869. On y voit des groupes Aborigenes dans leur campement. Ils ne possedent rien a vrai dire.
Il y a egalement une impressionnante gallerie de portraits. Les Aborigenes sont physiquement tres ''marques''. Ils sont de couleur tres noire. Leurs cranes sont assez gros, et tout y est amplifie. Ils ont generalement une grosse tignasse negligee. Leur visage presente des caracteristiques qui m'etonnent. Ils ont un visage special. Les orbites, faussettes, levres, fronts, menton sont enormes. Il s'agit bien d'une ethnie ayant evoluee a part depuis la nuit des temps. Selon nos canons de beaute actuels, on peut dire qu'ils ne sont pas beau. Mais ils reflettent quelque chose de vraiment particulier.
Je suis marque par les visages fermes sur les photos. Les regards sont durs.
Je suis surpris par ces caracteristiques physiques. Je me les imaginais tres differents. On est loin de l'icone Cathy Freeman.

A la fermeture du musee je retourne en direction du centre, en longeant le bord de mer cette fois-ci. C'est pas mal mais vraiment sans plus. Et en plus il ne fait pas beau temps.
C'est amusant de constater que je fais toujours des rencontres sympa apres une nuit blanche. Et en general mon etat physique ne me permet pas de profiter pleinement de la rencontre. Pas de derogation a la regle aujourd'hui. Alors que je suis en train d'observer la mer sur une plateforme, Cody, une petite australienne de 12-13 ans, vient engager la conversation. Elle me parle un peu d'elle et me demande si je veux jouer avec elle a un de ses jeux favoris, le lancement de cailloux dans la mer. Elle vient ici tous les jours apres l'ecole, pour promener son chien. Sa grande distraction est de jeter des cailloux le plus loin possible. Nous discuterons donc ainsi, tout en lancant des cailloux et en commentant les jets. Elle est intriguee sur la France et me demande s'il y a de grands buildings la-bas. J'avais le cerveau trop embrume pour profiter vraiment de cet instant. J'ai trouve demain toutes les questions que j'aurais voulu lui poser. Je ne sais donc pas qu'elle vision du monde a une teenager australienne, qui en est si eloignee.

La visite de la ville sera tres rapide, car inexistante. Darwin ressemble a une ville americaine. Le centre commercial (the mall) se trouve en plein centre ville, lui-meme depourvu de tout interet architectural. Les restaurants proposent tous les memes saloperies, mais beaucoup plus cher qu'aux US. La ville est vraiment sans interet et je dirais qu'il n'y a rien a y voir.

Le centre nord est cense appartenir aux Aborigenes. Je n'en ai apercu que bien peu. Et l'image qui m'en est donne est terrible pour ce peuple. Ce sont des aborigenes urbanises bien sur. Ils sont habilles en vetements de sport. Mais leur style et leur degaine sont bien particulier. Ils trainent dans l'herbe ou sur les bancs publics, boivent, braillent quelquefois, voir insultent les gens et la vie, se deplacent avec nonchalance, la grosse tignasse toujours de rigueur. Oui la 1ere image que j'ai des aborigenes est bien triste. Ca m'a l'air d'un peuple mis a l'ecart d'une societe blanchisee qui l'ignore en passant a cote sans meme l'apercevoir. J'aime bien d'ordinaire aller voir les locaux, meme demunis. Mais la je ne le sens pas du tout. Le fosse a l'air tellement enorme. Et puis quoi leur dire ? Que oui ils se sont bien fait enfle. Ils le savent deja et leur pauvre situation le leur rappelle tous les jours. Mon 1er sentiment est que les australiens les aiment bien dans les musees, mais pas vraiment dans la vrai vie. J'espere que j'aurais l'occasion d'en rencontrer plus tard.

L'Australie est donc un pays cher, et y manger est encore plus cher. Apres avoir mange des produits frais pendant cinq mois, il est maintenant temps de retrouver mon vieux copain. J'ouvre donc la porte de ce restaurant toujours ultra climatise, et sentant toujours la friture a 200 metres a la ronde. Il est la et m'accueille avec le sourire, oubliant mes cinq mois d'infidelite. Je retrouve donc, non sans peine dans le cas present, mon pote Ronny Mac Donald. Je prends un menu Mac Oz. Franchement j'aurais pas du oser. C'est un burger a la betterave rouge. Je ne suis meme pas sur qu'un anglais aimerait manger ca. Mais je l'enquille sans broncher. Il faut dire que pour le prix de mon ''menu'', je pouvais avoir une chambre de guest house et 2 repas en Asie. La bas le Mac Do etait le resto des riches. Ca m'embete bien d'en revenir la.

Je retourne enfin a mon hotel, si on peut l'appeller ainsi. Le nom en Australie pour ces etablissements est simplement Backpacker.
Je suis veritablement creve. Et dire qu'il faut que je me leve a 5h30 demain. Du coup j'ai la joie de devoir refaire entierement mon sac suite a l'incident de l'aeroport. Quelle joie des fois d'etre backpacker !!!

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