
Le petit dejeuner m'offre encore la possibilite de converser avec de nouveaux etrangers. Outres les israeliens d'il y a deux jours, je prends ma colation avec 2 allemandes qui sont en train de faire le tour du monde. Je leur donne donc des conseils sur le Tibet.
Je vais ensuite voir mon contact pour la sortie dans le desert. En bon indien, il est plein d'embrouille. Le prix a bien sur augmente depuis hier. Mon pauvre cerveau n'a pas la capacite de comrendre l'explication a 2 balles qu'il me donne. Aucun groupe ne va dans le desert seulement pour dormir. Je decide donc d'incorporer un groupe avec qui je ferais 2h de chameau. Je retourne donc a l'hotel pour preparer mes affaires, pendant que je reflechi toujours sur la proposition de Vijay. Le probleme c'est que je ne suis pas spontanne. Il faut toujours que je reflechisse, que j'analyse le pour et le contre avant de prendre une decision. On ne me refera pas. Cette surreflexion n'a pas que des inconvenients, vu que ca me permets de temps en temps de prendre de judicieuses decisions. Cependant ca ne m'arrange pas dans ce cas la.
Pendant que je fais mon sac, je constate ma premiere perte, mes lunettes de soleil. J'en ai amene 2 paires, une bien et une pourrie. Bien entendu j'ai perdu les biens. Je suis un peu degoute.
Nous partons pour le desert en debut d'apres midi. Je me retrouve dans la jeep avec 2 allemands, un hollandais, deux anglaises et un americain. Du debut de la route nous avons une tres belle vue sur la forteresse dominant la ville ancienne. La route est bonne en dans ce desert. Il faut dire que ce n'est pas le desert comme on se l'imagine. J'ai deja vu le desert marocain et egyptien, alors celui-la n'a rien a voir. Il y a beaucoup de vegetation, et pour les grandes etendues de dunes il faudra repasser. Mais ca je le savais deja avant de partir. Le vrai desert existe a l'ouest de Jaisalmer mais il est impossible pour les touristes d'y aller. Le Pakistan est tout proche, si bien que le gouvernement indien n'a pas envie de prendre le moindre risque d'enlevement ou de fusillade.
Nous visitons un petit village du desert. Nous ne sommes apparement pas sur un itineraire touristique. Le village est endormi, fantomatique. Quelques chevres divaguent un peu. Les maisons sont decorees de motifs colores tres tyique. Ce qui frappe ici, c'est qu'il n'y a rien. Seulement des maisons et rien d'autre. Nous verrons plus tard des femmes en train de ramener de l'eau au village en portant des jarres sur leur tete. Nous finirons aussi par voir quelques gamins intrigues par ces blancs de passage.
Les femmes portent de grandes boucles d'oreilles qui leur fait pendre les lobs. C'est pour leur permettre de mieux entendre vers l'arriere dans le desert. Elles ont aussi de grandes boucles dans le nez pour mieux sentir. Elles ont egalement les bras recouvert de bracelet pour eviter les piqures de serpent dans le desert. Leur typologie rude et leur "look" colore leur donne une aura particuliere. Leur beaute est fascinante.
La randonnee chaeliere sera tres agreable sur cette fin de journee. La chaleur n'est pas accablante, mais c'est limite. Nous traversons des paysages fait de sables, d'arbustres, de cactus et de pasteques !!! Il y a beaucoup de cultures de pasteque. Il y a des gens qui travail le sable au milieu de nulle part. Il y a des saillies sur le sol. Mais d'ou provient l'eau ? Il ne pleut jamais ici, et l'endroit est si aride.
Nous ne sommes en fait pas sur des chameaux mais sur des dromadaires. Cette petite promenade buccolique me rappelle cette fameuse blague a 2 francs que je ne peux m'empecher d'incorporer a mon recit ( c'est plus fort que moi ) : Qu'un qu'un chalumeau ?................... C'est un dromaludaire a deux bosses !!!!!
Les chameaux (je dirai toujours cela car c'est plus court que dromadaire) ont un rythme paisible. C'est amusant de constater que leur balancement me fait le meme effet que celui des transports en commun, j'ai envie de dorir. Un petit evenement va pourtant agrementer cette sortie tranquille. La nacelle de mon chameau se desserre soudainement, et je me retrouve en train d'appeler au secours pendant que je m'accroche au coup de l'animal. Je n'aurai qu'une solution, sauter du chameau. C'est plus impressionnant qu'il n'y parait. Je ne sais pas comment je me suis debrouille, mais j'ai aterri a 4 pattes sur le dos.
Apres deux heures de randonnee, un coucher de soleil entr'apercus de l'arriere sans s'arreter car nous sommes en retard, nous arrivons sur la dune de destination. Je suis content de constater que je n'ai pas mal aux fesses. Nous delirerons un peu avec les chameaux qui bivouac en machonnant, ce qui leur fait faire leur inimitables grimaces. Nous discuterons ensuite sur le sable pendant que la nuit tombe et que de gros insectes rampant essaieront de venir nous voir tout le temps. Ils ne piquent pas mais sont tres tetu et reviennent a la charge malgre les repousses que nous leur donnons. Finalement j'abandonne car is sont trop nombreux. Nous apercevons les etoiles qui apparaissent les unes apres les autres. Ce paysage desertique nous permet de voir une quantite immense d'etoile. La voie lactee resplendie carrement. Ca me rappellent ma soiree a 3640m pendant mon trek au Nepal. Il commence a faire frais. Nous mangeons un plat traditionnel indien, le chapati. Le chapati est une petite galette dont on se sert pour ramasser des preparations a base de lugume. C'est tres bon mais la technique de degustation est assez compliquee sans fourchette, ni cuillere.
Je reste avec les anglaises et l'americain pour bivouaquer cette nuit. Les autres sont repartis. Nous ne sommes cependant pas laisses seul a nous meme. Nous avons les camels driver qui bivouac plus loin puis 2 chiens qui montent la garde. Un eu trop bien meme, vu que l'un d'eux dormira sur mes pieds en se grattant toute la nuit.
Nous sommes tous les quatre en train d'essayer un periple autour du monde. Nos itineraires sont sensiblement identiques. Pendant que nous sommes allonges sur le dos, nous nous amusons a celui qui voit le plus d'etoiles filantes. Nous parlons un peu de politique. Mais ce coup-ci ce n'est pas moi qui ai commence. J'ai failli faire une gaffe en m'emballant et en oubliant qu'il y avais un americain dans le groupe.
Louise, une des deux anglaise, prends une idee bizarre. Elle me demande de lui chanter la marseillaise. J'accepte a la seule condition, c'est qu'elle m'entonne ensuite Good save the queen. Et nous voila en train de chanter nos hymnes respectifs. Ca a un petit cote de rencontre rugbystique fratricide. J'aime bien ca moi. Je leur traduit notre hymne, et force est de constater que le discours est totalement oppose a celui des anglais.
Nous finissons enfin par nous arreter de parler et nous profitons de ce somptueux silence qu'offre le desert. Les etoiles, la voie lactee, la lune qui eclaire les formes des dunes et des chameaux au loin... On est pas bien la ? |