
Je me leve en pleine forme apres une nuit de 9 heures de sommeil. J'ai pratiquement recupere de mon sale etat de hier soir.
On ne peut pas en dire autant de mon pantalon. Il est toujours dans un triste etat. Et qu'est ce qu'il sent mauvais...
Mes affaires sont encore toutes humides. Mon petit sac a dos est encore trempe, comme beaucoup de mes affaires.
Mon bus pour Kuala Lumpur n'a pas trop fiere allure non plus. Je n'ai pas pris l'option super vip, et ca se voit. La route a travers les Cameron Highlands est magnifique pour aller vers le sud. La vegetation est tres belle, tres verte et luxuriante. Ca pourrait etre une petite ballade buccolique, si ce n'etait les multiples virages serres qui la parseme. Ca rend le voyage penible. D'autant plus que je ne suis pas tres rassure. Le bus craque de tous les cotes. Et surtout il penche tres mechament a droite lorsque l'on tourne a gauche. Il ne doit plus avoir de suspensions de ce cote. J'ai parfois l'impression qu'on va se renverser.
Je m'accroche souvent au siege, mais je me dis que je dois etre parano. Il n'empeche que nous nous arreterons en cours de route dans un depot pour changer de bus. Comme quoi nous avons fait toute la descente avec une securite moyenne. Encore une fois, je les sens pas trop les bus dans ce pays.
Une loi dr Murphy veut que l'on a toujours envie de dormir dans les transports en commun. Je suis pourtant bien repose, mais je n'echappe pas a la regle. Je m'ecroule n'importe comment et ferme les yeux. C'est dommage car ca va me faire rater l'entree dans Kuala Lumpur.
Au moment ou j'emerge, nous sommes deja au centre. Il y a des buildings de partout. J'apercois brievement de loin les tours Petronas.
Puis le bus s'arrete soundain en bord de route et le chauffeur crie ''last stop''. Super communication encore une fois. Heureusement que j'avais pris les devant a Tana Rata. Je sais donc ou nous sommes, proches du centre, de Chinatown.
Je trouve tres rapidement un hotel pas trop mal grace a un rabatteur. A l'inverse de mon habitude, je demande une chambre plus chere pour avoir une fenetre. Deviendrais-je un routard qui s'embourgeoise ?
Pas vraiment car l'hotel n'est vraiment pas luxueux, surtout les salles d'eau en commun.
Le temps est tres lourd ici. Je deballe mes affaires, et je commence alors a faire une crise de transpiration. Ca m'arrive quelquefois. C'est incontrolable et c'est surtout terrible. Une douche s'impose, ainsi que l'allumage du ventilateur.
Je ne compte rien faire de special cet apres-midi. Simplement preparer mon depart afin d'avoir mes deux prochaines journeee entierement libres de tout souci logistique.
Je pars donc a la gare routiere Puduraya, en face de mon hotel. C'est immense et ca grouille la-dedans. Tout est demultiplie aussi. Comme pour les fast food, il y a plus de cinquante kiosques cote a cote qui vendent les memes tickets aux memes prix. Toutes les femmes essaient de vous rabattre. Comment faire son choix ? Je m'arrete par hasard au numero 56. J'achete mon billet pour Singapour pour dans trois jours, au matin. Le depart se passera a cote de mon hotel. Je ne galererais donc pas pour transporter mes sacs.
Il y a encore des fast food ici. Des dizaines de kiosques sont cote a cote. J'avance doucement pour regarder. Je me fais happer par plusieurs femmes qui veulent m'arreter a leur boui boui. C'est toujours aussi etrange comme principe, que de mettre plus de cinquante magasins identiques cote a cote.
Les restaurants sont tenus par des mama musulmanes. Elles sont toutes tres sympa. J'aurais l'occasion de le voir car je reviendrai manger ici. Ca ne coute rien et il n'y a que des locaux. Toutes ces mama sont voilees. Mis a part ca, elles s'habillent presque comme elles veulent. Ce n'est malheureusement pas le cas de toutes. On rencontre parfois des femmes en noir, dont on ne voit que les yeux. J'aime bien ces mama. Elles ont l'air vraiment gentilles et j'aime bien leur style, leur attitude. Elles tiennent bien la baraque. Elles sont souriantes, d'un sourire non commercial mais vraiment sincere. Et puis leur tete est marrante. Oui vraiment, je les aime bien ces mama.
Celle de mon 1er repas est drole. Elle est voilee, mince et habillee d'une robe a fleur. Sa fille et sa copine sont assises en face de moi. Leur style est totalement different. Ce sont deux teenagers au look occidental, pantalon moulant compris. Voir la mere et la fille discuter ensemble est un condense de l'evolution de la societe malaise en une generation. Mais la mere a l'air cool, sous ses apparences rigides. On sens une vrai complicite entre les deux. Tant mieux, c'est ca de gagne sur le pere qui doit etre plein de principes musulmans. Quoique je me trompe peut etre. J'aimerais bien en discuter avec eux, mais il me parait bien impossible d'aborder ce sujet. J'aimeais aussi prendre des portraits de femmes musulmanes. Mais la encore, je sais que ca ne se fait pas. Tant pis, j'essaierais de garder ces beaux visages dans ma memoire.
Nous somme au milieu de l'apres midi quand il se met a pleuvoir fortement. Je repense aux Malay rencontres a Vientiane. Ils m'avaient dit que la saison des pluies s'etirait jusqu'a fin fevrier.
Je vais dans un boui boui pour prendre un cafe. J'y fait la rencontre d'un couple dr circonstance. Lui est suisse, elle norvegienne. Ils se sont rencontres en route et poursuivent ensemble quelque s temps. La fille a le meme lonely planet que moi. Enfin presque le meme. J'ai voulu imiter Maud a Hanoi et j'ai supprime les pays faits ou qui ne seront pas fait. Ca permet d'alleger le petit sac a dos que je trimballe toute la journee. Le probleme c'est qu'en eliminant les Seychelles, j'ai egalement elimine Singapour par inadvertance. Je m'en suis apercu hier. Je prend donc son guide et prend des notes. Je suis effare par les prix a Singapour. Ils sont quasiment occidentaux. Je sens que ca va etre dur la-bas sans guide. Il faudra que je me trouve un allie de circonstance.
Comme il pleut toujours, je pars sur internet pour faire des recherches sur Singapour, encore. Oui je pense que je suis mal embarque sur ce coup-la. Je peux me sauver si mon bus stop a Queen Elisabeth street. Il y a une rue ou on peut dormir dans des dortoirs des pubs. Ca doit etre une experience insolite.
Je retourne donc a la bus station pour savoir ou on stop. Ce sera a Beach road. Personne ne sais ou c'est. Mais on me dit que c'est a 30 minutes en taxi du centre. Impensable vu le budget. Je trouverais une solution sur place.
Je voulais ecrire cet apres midi mais je n'ai pas beaucoup de courage. Je pars donc faire un tour a Chinatown, tout pres. Je veux juste le pre decouvrir, car il faut que j'en garde pour les prochains jours.
Le lieu a l'air vraiment sympa. C'est eclaire de partout avec des boules chinoises et des enseignes, dont le rouge est predominant. Je suis dans l'endroit hyper touristique. Il y a des restaurants pour touristes et des echoppes pour touristes. C'est le royaume de la contrefacon ici. On trouve toutes les dernieres nouveautes fun en matiere d'habillement, de parfum et de montre. Je m'attarde sur les stands de basket. C'est un article qui manque dans mon sac a dos. J'ai des chaussures de randonnee et des sandales. Ca ne coute pas cher ici, alors je ne prends pas grand risque. Les modeles sont vraiment bien. Je passe beaucoup de temps a marchander de partout. Deux modeles me plaisent, je verrais demain peut etre.
Il y a des vendeurs de dvd a la sauvette. Ils montrent des jaquettes de films aux passant. Moi j'ai directement droit aux jaquettes qui sont dessous. On y trouve bien evidement de charmantes demoiselles en de sacres postures.
En rentrant a l'hotel, un taxi me propose ses services, comme c'est souvent le cas. Mais apres mon refus, il me dit carrement '' do you want a nice pussy ? ''. Et bien, on ne me l'avais jamais propose si directement. Ca a au moins le merite d'etre clair.
Apres etre repasse a l'hotel pour ecrire un peu, je retourne a Chinatown. Je compte finalement acheter les baskets. J'ai fais mon choix et je les obtient a bon prix. Je ne suis meme pas sur que c'est de la contrefacon.
Je divague ensuite dans les allees. Je vais craquer en achetant deux parfums. J'en ai marre de puer dans les transports en commun. Je vais donc soulager les souffrances de mes voisins. En fait je ne pue pas, mais certains affaires oui. Par exemple ma banane, ma ceinture cache sous et mon petit sac a dos. Je ne peut les laver souvent alors apres chaque randonnee c'est dur. Je prends des parfums sport, car je ne suis pas la pour un defile de mode.
Je cherche ensuite un t-shirt sympa. Il y a toutes les marques branchees, avec les derniers modeles. Tres difficile de faire son choix. Suivant le modele, on peut le toucher entre 8 et 12 Ringit. Je fini par en trouver un qui me plais dans la derniere echoppe que je visite. J'halucine completement quand il me dit le prix. Je dois lui faire repeter trois fois pour etre sur d'avoir bien compris. 75 ringits ! Je ne peux m'empecher de lui lancer un mepriso-choco-interrogatif '' You cannot be serious !?!? ''. Je m'en vais en lui disant que pour moi c'est 10 ou rien. Plus je m'eloigne, plus ca descend. Il tombera a 12. Ca m'irait bien mais il m'a tellement pris pour un jambon que je continue ma route.
Ca m'etonne de constater qu'un pays si developpe conserve aussi haut la culture du bargaining. On bargain dans tous les pays que j'ai visite. Mais les Malay sont les seuls a pouvoir etre compares aux indiens question arnaque. Neanmoins, j'aime a priori bien cette ville. |