
Je me leve tot pour partir en direction de l'aeroport. Sans nom me guettait et me souhaite bon voyage. Elle est contente que je visite son pays et me suis un peu en me faisant des coucou. Le trajet vers l'aeroport se fait sans excitation particuliere. L'attente a l'aeroport sera longue comme d'habitude. J'effectue le vol cote hublot. Je peux constater que les regions que nous survolons sont un enorme plat pays. Je ne me rends pas trop compte si le paysage est beau car il fait mauvais. Il ressemble quand meme a l'image qu'on se fait de l'asie : vert avec de grand fleuve que s'etalent. J'ai fait la connaissance d'un couple de francais a l'embarquement. Il ont 63 et 70 ans mais en paraissent beaucoup moins. Ils ont toujours baroudes mais voyagent maintenant en constituant leur programme qu'ils sous-traitent a Nouvelle Frontiere. Ils me parlent de la Birmanie dont ils sont deja alle l'annee derniere. Leur discour me regale d'avance. Arrive a Yangoon, c'est la fete a l'aeroport. J'entends par la que c'est un peu n'importe quoi. L'aeroport est tres campagnard. Encore plus petit que celui de Cracovie. Il y a seulement deux ou trois taxi. Je monte avec les 2 francais et paierais un montant symbolique. L'homme est content de me rencontrer. Il me dit aimer les baroudeurs comme moi et me mets une bonne tape dans le dos au moment de se quitter, sans manquer de m'encourager chaleureusement.
L'arrivee au centre est classique. Je me trimballe avec mon sac a dos pour comparer les hotels avec mon Lonely Planet a la main. C'est ledebut d'apres-midi, il fait soleil et je suis de bonne humeur. Il faut bien faire attention ici. Le pays est dirige par une dictature militaire qui semble apparement reprimer la population. Cette dictature a commence peu de temps apres l'independance du pays, apres la seconde guerre mondiale. Des elections ont vues un parti democrate l'emporter dans les annees 90. Le resultat a ete annule et la fille de l'ancien president mis en residence surveillee a domicile. Les droits de l'homme sont bafoues et les femmes se font apparement pas mal violer. Le pays est sous embargo americain et il est impossible de trouver des guichets automatiques, pas plus qu'il est possible de changer des traveller's cheques. Le seul moyen est de changer de dollars en cash. Mais le gouvernement officialise un taux de change ridiculement bas de 1 dollars pour 6 kyats, alors que le marche noir echange 1 dollars pour 1200 kyats ! Il faut donc que je change de la monnaie mais pas trop car pour les touristes, seulsles dollars sont acceptes pour payer les hotels. Je ne sais pas ce qu'il en advient des transport et des visites. J'arrete mon choix sur une Guest house plus chere que les 3 USD prevu, ce sera 4 USD. Iln'y a pas de petits profits dans un voyage comme le mien qui dure si longtemps, si bien que je ne suis pas content de ce dollars perdu. Je pars ensuite a la recherche de monnaie locale. Je me fais rabattre rapidement par des vendeurs de billets au marche noir. Par securite je me rends au tres officiel Foreign Trade Exchange. J'ai un tres mauvais souvenir des changes de billets au marche noir a Bucarest. Je m'etais retrouver avec un couteau plante sur le ventre et je m'etais promis de ne plus jamais y avoir recours. J'ai ete oblige au Tibet et m'y voila oblige de nouveau. Ca commence plutot bien au bureau. J'arrive juste avant la fermeture (a 15h) et les gens sont tres souriants. Un type me parle d'un taux de change de 1200 Kyats. Je dis ok mais le bureau ferme et il me fait sortir par derriere. Une fois dans la rue il me propose de passer par un ami a lui. Je suis furieux contre lui car il m'a roule. Je veux rentre de nouveau au bureau mais des types m'expliquent qu'ils ne changeront monnaie que contre 6 Kyats. Je peux aussi acheter 1 FEC pour 1 dollars. Le FEC etant la devise speciale etrangers qui avait cours il y a encore pas longtemps ici. Le probleme c'est que 1 FEC vaut 1 dollars, donc aucun interet. Je devrais donc changer dans la rue, en evitant les arnaques. Les billets semblent tous bon a priori, mais c'est sur la quantite que les arnaques portent. Les liasses etant enormes, les vendeurs plient des billets en deux pour que les touristes les comptent deux fois et invoquent l'arrivee de la police pour se sauver rapidement, mettant fin au controle. Les taux proposes sont differents aussi. En fait, les types me proposent de changer alors meme que la police est a cote. Je vais finalement choisir une option qui me parait plus sure a premiere vue. Je vais changer chez quelqu'un. Je n'aurais ainsi pas la pression de la rue. Je suis un type qui m'a accoste en francais. Il me propose le meilleur taux que j'ai entendu et me demande juste de le suivre chez son ami. Je lui paierai ensuite une commission. Je me retrouve vite dans un quartier du centre qui m'inspire pas trop. Je le suis quand meme au deuxieme etage d'un immeuble et je me retrouve chez des indiens. Rien que ce detail me stress un peu. Des indiens, ca signifie qu'il y a grand risque d'arnaque. Un type ferme la porte avec un cadena des que je passe le pas. Je proteste et demande a vite ressortir. Personne ne semble disposer a le faire. Je sers ma bombe anti-agression dans ma main, pret a agir. Je me retrouve ensuite dans une piece avec 4 indiens a l'air patibulaire. Des tetes de truands en somme. Le chef est en train de compter d'enormes liasses de billet. Je decide de ne changer que 50 dollars. Le taux est legerement plus bas que celui annonce alors je proteste. Longue discussion mais le taux portait sur des billets de 100 dollars. Le type a l'air honnete dans son discours, et la suite le lendemain me le confirmera. Il se met en colere et ne veut plus traiter avec moi. Nous finissons finalement par trouver un accord. Nous faisons notre deal dans cette ambiance et ce decor de film de gangsters. Je ne demande quand meme pas mon reste pour ressortir et j'en profite pour incendier mon intermediaire. Ce qui est sur c'est que je ne reviendrais pas ici. Pour le reste du change je verrai demain. Je retrouve avec bonheur le centre ville "touristique". Je me lance dans une pre decouverte car il n'est pas trop tard. L'impression qui m'envahit tout de suite, c'est que le temps semble s'etre arrete ici. Cette ville resemble a l'idee que je me fait de Cuba, au sens du retard economique. Il n'y a pas beaucoup de circulation alors que nous sommes au centre de la capitale. Ily a bien quelques voitures recentes mais la plupart sont tres anciennes. Les immeubles sont tres vieux et auraient besoin d'une bonne renovation. Mais ca ne manque pas de style. Ca donne a l'ensemble un cote desuet qui n'est pas sans me deplaire. Le sud du centre est un enorme marche de rue. Tous les trottoirs sont occupes par des vendeurs, la plupart assis par terre. Ils vendent des fruits et legumes et de tres vieux produits, style livres et articles. Pour cause d'embargo americain, je ne trouve pas de Coca Cola ni de Pepsi. Tous les soda sont locaux. On trouve un cola qui s'appelle star, et une espece de limonade locale. Je fais mes premiers essais avec la monnaie locale. La rengaine est toujours la meme. Il faut apprendre a reconnaitre les billets, a connaitre la valeur des choses et a contourner les eventuelles arnaques. J'utilise beaucoup la calculette pour commencer. 1 dollars correspondant a 1200 Kyats, j'ai l'impression de depenser des fortunes, mais il n'en est rien. Je m'invente la conversion 30 kyats = 1 roupie indienne. Je ne compte plus en euros depuis longtemps mais en roupies indiennes. Je m'y retrouve mieux ainsi. Les magasins sont a l'image de la ville, ils sont vieux et desuets. Ce qui frappe egalement ici, c'est le calme qui plane sur la cite. Tout se passe tranquillement. Je suis le seul blanc dans cette partie de la ville et les gens ne me calculent meme pas. Tout est lent, les gens comme la circulation. J'ai l'impression d'etre tombe sur une autre planete. Les femmes sont presque toutes maquillees de la meme facon. Il s'agit d'un maquillage traditionnel qu'elles se font sur les joues et parfois sur le reste du visage. Ce maquillage est grossier, dans le sens peu discret. Il est toujours le meme, fait d'une substance beige et epaisse etalee sur le visage. Les hommes sont maquilles de la meme facon aussi quelquefois. Mais pour les hommes, ce qui marque c'est qu'ils portent presque tous une sorte d'epais pareo avec un noeuds devant. De couleurs sombre generalement, ca leur donne un air etrange pour mon regard d'occidental. Je me sens d'autant plus desoriente que tous est marque dans leur langue ici. Et l'alphabet n'est pas du tout le meme. Le changement d'atmosphere est radical avec Bangkok. Bizarement je vais passer devant un batiment anachronique, dans le sens oppose qu'on affecte a cet adjectif usuellement. La technologie qui y est presentee est moderne. Il s'agit d'un computer center qui fait aussi office de cyber cafe. J'irai voir demain s'il est vrai qu'il est difficile de communiquer par internet au Myanmar. La nuit tombant, je decide de regagner les alentours de mon hotel. Je suis tres fatigue car j'ai peu dormi la nuit derniere. Je vais visiter Sule Paya, celebre pagode du centre ville.Elle est placee juste a cote de mon hotel. Elle est le point central d'un grand rond point. C'est une grande pagode doree tres belle. Les gens y prient en nombre. L'ambiance est au recueillement. Il y a quelques touristes dans le coin mais pas trop. Il y a aussi quelques moines bouddhistes. Le Myanmar est un des haut lieu du bouddhisme. La population est profondement croyante et praticante. Le pays est celebre pour ses innombrables pagodes. Je vais faire a Sule Paya la rencontre de Mahein Da. C'est un jeune moine de 24 ans tres calme qui va me parler pendant des heures. Il est moine depuis l'age de 17 ans. Mon etat de fatigue abrutit mon cerveau et je ne peut que difficilement lui donner le change. Mahein Da est comme beaucoup de moines au Myanmar. Il etudie serieusement l'anglais au monastere et recherche les touristes pour pratiquer. Il me raconte comment est regie sa vie. Elle est comme la plupart des moines du pays. Il se leve tous les jours a 5h pour prier. Il prends ensuite son petit dejeuner. Il parcours ensuite les rues pour chercher de la nourriture que les gens leur offre. Il prends alors son dejeuner et n'aura plus le droit de manger avant le lendemain. Il peut seulement boire du the. Il passe ses apres-midi a des activites diverses, telles que etudes de langues, prieres dans les pagodes, siestes et promenades. Le soir il doit rentrer au monastere pour prier a 23h. Il essaie de m'expliquer un peu le principe de la meditation. A ce moment la il est 18h et je ne peux m'empecher de penser de penser que j'etais il y a 24 heures devant 10 prostituees a Bangkok et que je me retrouve a present en train de parler meditation avec un moine bouddhiste en Birmanie. Vous avez dit grand ecart ? Il m'explique le principe des prieres dans les pagode. L'astrologie est predominante ici. On doit prier devant un bouddha situe devant l'autel du jour de notre naissance. On l'arrose en faisant un voeux. Il m'explique que comme je suis ne dimanche alors je dois eviter de trouver une girl friend qui est ne un jeudi, mais que je dois plutot en choisir une qui est nee un mercredi. Quand on pense qu'il y a 8 jours dans la semaine, les 6 normaux plus le mercredi matin et le mercredi soir, ca ne simplifie pas du tout ma tache. Je trouvais ca deja assez complique de trouver une copine, mais alors la ca devient le casse tete ! Ce qui me surprends un peu chez ce moine, c'est qu'il est tres branche foot. Plus specialement football anglais. Il me parle de Thierry Henry et ne connait rien de Zidane. Je suis trop fatigue pour lui explique que Henry est un blaireau a la tete carree. Je laisse tomber. J'ai quand meme un peu de mal a le comprendre car il a un sacre accent. Je remarque quand meme bien qu'il me colle toujours, meme si je me decalle. Il m'invite alors a son monastere pour discuter avec les autres moines. Mais comme il me colle, que le monastere est eloigne du centre, qu'il fait nuit, que je viens d'arriver dans ce pays que je ne connais pas et que je suis creve, je refuse. Je lui demande s'il est heureux dans la vie car sa voie est melancolique. Il me dit qu'il ne sais pas. Quel drole de destin que de choisir de ne pas en avoir. Il s'ennuit beaucoup et me dit qu'apres son job du matin il n'a plus rien a faire jusqu'a 23h. Les journees sont longues, se suivent et se ressemblent. Je l'accompagne un peu sur le chemin du retour au monastere. Je m'arrete pour manger dans la rue. Pour trois fois rien j'ai droit a un plat local dont je prendrais deux portions. Je quitte ensuite Mahein Da. Il insiste pour m'accompagner a la visite de Shwegadon Paya demain. Je lui explique que j'ai mes affaires a gerer, que je ne veut pas me donner de contraintes horaires et que je le retrouverais la-bas s'il s'y trouve. Le retour est agreable. Le climat de Yangoon est bon et pas lourd. Pas de moiteur non plus comme a Bangkok. Je vais m'ecrouler paisiblement tout a fait desoriente par ce nouveau pays. |